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L'ARCHITECTURE SIGNE
2011 DNSEP Design Graphique, ÉSAD •Grenoble •Valence

Mon projet de DNSEP propose un regard critique et analytique sur la question de l'architecture signe. De quoi se fait-elle le signe ? Quelles en sont ses caractéristiques ?

Cette recherche a débuté par l'étude de l'implantation de l'Ecole des beaux-arts de Valence en 1995[1], à Fontbarlettes, un quartier périphérique de la ville, construit dans sa grande majorité dans les années 1960. Un geste politique fort: intégrer la culture dans la ville, redynamiser une ZUP. Il se matérialisa de façon pérenne par la construction d'un bâtiment qui devait être le signe visible de cette volonté politique. Les architectes sont les acteurs de cette transformation. Ils ne doivent pas répondre uniquement à des questions d'ordre programmatique mais également à des questions d'ordre symbolique. L'architecture a souvent tenu ce rôle de plus-value symbolique du pouvoir politique comme on a pu l'observer, notamment, avec les grands travaux des présidents de la Cinquième République.

Aujourdhui la valeur du signe architectural rencontre la question des industries culturelles. Elle semble tenir le rôle de signe ayant le pouvoir de capter les foules et de générer des bénéfices. La création de grands musées, d' hyper-musées se déclinent sous forme de franchises dans des territoires décentralisés cf: Le louvre à Abu Dabi. Développés comme des marques, ces musées utilisent l'architecture comme un média de communication. Les starchitectes mandatés sur ces projets se focalisent sur la surface extérieure, sur le geste architectural comme signature. Cette surface désignée devient une figure identitaire forte, capable d'être mémorisée tel un hyperlogotype en trois dimensions[2]. La plus-value médiatique apportée par l'implantation de ce type d'établissement culturel d'envergure dans une région peut engendrer des retombées économiques énormes tel le musée Guggenheim de Bilbao construit par Frank Gehry[3].
En travaillant dans une logique culturelle capitaliste, les architectes empruntent les codes du marketing. Formes insolites, surenchères techniques, les effets sont souvent éphémères.
Les limites de ce phénomène se dessinent.



[1] ESAD Valence, 2012, Fontbarlettes, France.


 
[2] Coop Himmelb(l)au, Pavillon 21, 2010, Vienne, Autriche & logotype Pavillon 21.



[3] Collection de six fasicules sur l'architecture du musée, traduit en six langues, publiés par le Guggenheim.



Photos amateurs glanées sur le web, Bilbao, Espagne & Denver Museum, Denver, USA.



Photos amateurs glanées sur le web , l’Hémisféric et le Palais des Arts, Espagne & l'Ontario museum, Ontario, Canada.



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@pv 2013